Du coté chinois, de mon point de
vue
Très nombreuses sont les réactions,
plutôt émouvantes d'ailleurs, suite à un soulèvement populaire qui
s'est produit récemment en Egypte. Ce grand évènement, citant
l'exemple tunisien, est d'autant plus remarquable que le peuple
s'est soulevé contre Moubarak, on disait un dictateur depuis 30
ans. Pour contrecarrer les manifestations, il a même fait couper
Internet. Voilà le problème qui nous a profondément touché. Coupure
d'Internet a fait penser au grand pare-feu de notre pays. Les
égyptiens cherchent à se connecter sur Twitter, Facebook, Youtube.
Et c'est la même chose ici, en Chine. Sur ce point, le peuple
chinois comprends vraiment très bien les amis égyptiens, réclamant
plus de liberté et plus de démocratie. Mais la différence est que
nous nous accommodons de tout. Il suffit qu'on trouve une solution
en cachette de contourner le grand pare-feu pour laisser tomber la
démocratie et la liberté. Elles sont belles à la fois dangereuses.
On laisse le temps faire son oeuvre. Je salue avec respect et
émotion les Egyptiens qui se sont dressés et rassemblés pour
manifester leur colère. Ce qui m'inquiète vraiment, c'est que grâce
à l'aide des amis américains, avec la naissance d'un nouveau régime
démocratique, Moubarak est remplacé par un Moubarak-bis.
Franchement, le mot démocratie me fait peur. Certains l'ont défini
de façon arbitraire. C'est une invention occidentale, peut-être en
effet une dictature occidentale. Les hommes politiciens sont lâches
et ne songent qu'à leurs intérêts. On sait qu'il est impossible
d'imposer la démocratie occidentale à la Chine, et encore moins à
un pays arabe. De toute façon, j'approuve que pour se sauver de la
pauvreté et de la misère, on peut tout essayer.
Du coté
français
Les Français aiment tant les
polémiques. En ce qui concerne la révolution égyptienne, j'ai
trouvé que bien des commentaires sur Internet ne cessent de
critiquer l'hypocrisie du pays. On se plaint de corruption. Quant
aux réactions politiques, il n'y a pas d'originalité, toujours
langue de bois. Les hommes politiques occidentaux parlent d'une
seul voix face à cet évènement.
"Nous sommes vivement préoccupés
par les événements que nous observons en Egypte. Nous reconnaissons
le rôle modérateur que le président Moubarak a joué depuis de
nombreuses années au Moyen Orient. Nous lui demandons désormais de
faire preuve de la même modération pour traiter la situation
actuelle en Egypte", déclarent le président français, la
chancelière allemande et le Premier ministre britannique dans un
communiqué diffusé par l'Elysée. "Nous appelons le président
Moubarak à éviter à tout prix l'usage de la violence contre des
civils sans armes et appelons les manifestants à exercer leur droit
pacifiquement", poursuivent-ils. "Il est essentiel que les réformes
politiques, économiques et sociales à venir que le président
Moubarak a promises soient mises en oeuvre pleinement et rapidement
et qu'elles répondent aux aspirations du peuple égyptien", ajoutent
les trois responsables européens."
Du coté
américain
Moubarak est à la tête de l'Egypte
depuis 30 ans et est qualifié de partenaire important des
Etats-Unis. Le mouvement populaire égyptien constitue un problème
délicat pour Barack Obama. D'après la presse, bien que les
Etats-Unis soient contents de la manifestation égyptienne en faveur
de la démocratie, de la liberté. elle risque de créer de nouveaux
problèmes. On craint qu'une fois que l'Egypte sera une démocratie,
elle devienne hostile aux Etats-Unis. On se trouve ainsi devant un dilemme. Comment s'en sortir?
On va voir l'art de la démocratie c'est quoi.
"Les Etats-Unis déplorent et
condamnent la violence qui a lieu en Egypte, et nous sommes
profondément inquiets au sujet des attaques contre les médias et
les manifestants pacifiques. Nous renouvelons notre appel à la
retenue"
Barack Obama a indiqué avoir dit
à M. Moubarak qu'une transition politique pacifique et calme devait
débuter "maintenant" en Egypte, s'abstenant toutefois de lui
demander d'écouter les appels exigeant son départ
immédiat.
(C'est intéressant que le président
français a dit ce mercredi midi la même chose : s'engager "sans
tarder" à une transition politique. Soit trois jours après Barack
Obama.)
Et la
réponse du gouvernement égyptien:
"Ce que disent des parties
étrangères sur une période de transition commençant immédiatement
en Egypte est refusé", a déclaré Hossam Zaki porte-parole du
ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, estimant que
cela "vise à enflammer la situation intérieure en
Egypte". (Je me rappelle
que le porte -parole chinois dit souvent la même
chose.)
Quant au président égyptien Hosni
Moubarak, il a affirmé mardi soir qu'il resterait au pouvoir
jusqu'à la présidentielle de septembre, à laquelle il a promis de
ne pas être candidat.

J'ai ressenti de la sympathie pour
Moubarak. Il a été abandonné par les Occidentaux. Ce vieil homme
n'a pas pris la fuite comme son fils et Ben Ali. Il veut une sortie
honorable, mais c'est impossible je pense. Des coups de feu ont été
tirés. Il doit quitter le pouvoir immédiatement, sinon la situation
s'aggrave davantage.
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